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 Traducteurs, doubleurs... des métiers de l'ombre méconnus

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Elo
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MessageSujet: Traducteurs, doubleurs... des métiers de l'ombre méconnus   Jeu 10 Nov - 16:15

Combien de fois, suite au visionnage d'un film, téléfilm, série ou dessin animé, ais-je entendu des commentaires du style "c'est mal doublé !", "les voix françaises ne correspondent pas aux personnages !", "ces quoi ces traductions?!", "j'aime pas les VF, je préfère les VO !" et autres joyeusetés. Trop pour les compter. Et à chaque fois, ça me désole pour les personnes de talent qui ont travaillé dessus.
C'est donc pour réparer cette injustice que, en admiratrice de leur travail, j'ai décidé, avec cet article, à la fois de rendre hommage et de prendre la défense des traducteurs et doubleurs français et étrangers.
C'est réellement beaucoup de travail des deux côtés. Je peux le garantir car je l'ai vu de mes yeux en assistant au doublage d'un épisode de la saison 5 de Stargate SG-1.
Tout commence à la réception du film ou des épisodes de série en version originale. C'est là que le traducteur entre en scène, puisqu'il a la tâche délicate d'adapter le texte en français, tout en respectant le sens des phrases, les labiales (c'est à dire les mouvements des lèvres des acteurs), en facilitant autant que possible le travail des doubleurs, et, éventuellement, en en restituant l'humour initial. C'est là un exercice périlleux car si certaines phrases peuvent être traduites presque mot à mot, d'autres nécessitent de trouver des phrases ayant le même sens et "rentrant" dans les labiales. Ce qui prend un temps infini.
Ensuite, les voix doivent être sélectionnées. Et là encore, c'est loin d'être évident, car si certains acteurs ont leur voix française officielle (Edgar Givry pour Richard Dean A,derson, Med Hondo pour Eddie Murphy, Maïk Darah pour Woopie Goldberg...), le choix des autres voix doit être judicieux puisqu'il doit prendre en compte un grand nombre de paramètres. En général, et exception faite de certaines productions doublées par des "stars" sans expérience en la matière (Lorie, Patrick Poivre d'Arvor...), les doubleurs sont toujours des comédiens confirmés, qui se sont spécialisés dans cette branche. Car s'il n'y a pas de textes à apprendre pour doubler une production quelle qu'elle soit, il faut tout de même des connaissances (diction, restitution des émotions, travail dans l'urgence...) qui ne s'inventent pas car elles doivent être acquises. C'est pour cette raison que le doublage est un cercle relativement fermé et que, d'un film à l'autre ou d'une série à l'autre, (quand, comme moi, on y fait attention), on a tendance à retrouver les mêmes voix., même si ce n'est pas "sur" le même acteur.
Et le doublage en lui-même n'est pas non plus de tout repos.
Dans une pièce relativement réduite dotée d'une table de mixage, le directeur artistique (celui qui gère les comédiens et techniciens sur une séance. C'est souvent un ancien doubleur. Comme Mathias Koslowsky, qui était la voix française d'Olivier Atton dans la série animée Olive et Tom, et a été directeur artistique sur Le voyage de Chihiro) passe le film ou l'épisode de série en version originale sur un écran géant, afin que les comédiens entendent de la bouche des acteurs originaux, l'intonation à donner à leur texte et l'émotion qu'ils doivent faire passer. Ensuite, il repasse l'épisode ou le film, sans son mais avec le défilement de la bande rythmo (c'est une bande de papier sur laquelle est inscrit tout le texte, séparé par des traits verticaux qui signifient les changements de personnages). Et c'est là que le travail des doubleurs commence : enregistrés par un technicien, ils doivent lire leur texte (qui n'est pas toujours évident à prononcer) devant un micro, en restituant le ton, l'émotion et l'état d'esprit des personnages interprétés par les acteurs originaux. La complexité de certaines répliques (ensemble de phrases prononcées par un acteur avant d'être relayé par un autre) obligent très souvent les directeurs artistiques ou même les comédiens eux-mêmes, à interrompre l'enregistrement pour cause de bafouillage, de mauvaise prononciation, d'éclats de rire ou bien de question subite, et à refaire les boucles (ensemble des répliques que doit dire un acteur) pour éliminer les erreurs, ce qui prononce le travail en studio, déjà éprouvant à cause de la chaleur qui y règne et du temps que ça prend (30 minutes d'épisode à l'écran ont pris 5 heures d'enregistrement !).
Evidemment, il est possible, malgré le soin apporté au doublage, que des erreurs et/ou incohérences subsistent... Mais après tout, l'erreur est humaine, et les doubleurs et traducteurs ne sont que des êtres humains comme vous et moi, aussi susceptibles de faire un faux pas que n'importe qui. Et j'aimerai que les gens se souviennent de tout cela avant de critiquer aussi vertement les versions françaises qui sont, la plupart du temps, d'excellente qualité.
Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, le travail des doubleurs était si peu reconnus qu'ils n'étaient jamais cités nommément dans les génériques de fin, ou alors "en bordel" (c'est à dire sans correspondance avec les noms des personnages. Ce qui n'aide pas quand on cherche "qui a fait la voix de" ou "où j'ai déjà entendu cette voix ?"). Mais avec le passage sur support DVD, les choses ont changé, et, même si ce n'est pas encore généralisé, leurs noms ont commencé à faire leur apparition à la toute fin des génériques. Cela prouve que les éditeurs de films et séries apprécient enfin leur travail à leur juste valeur (car après tout, sans eux, les spectateurs non-anglophones ne comprendraient rien, il faut bien le rappeller !) et conviennent qu'il ezt tout aussi important que le jeu des acteurs originaux. Et ça me fait très plaisir pour eux ! Je suis vraiment leur fan numéro un, qu'ils soient français, espagnols,italiens, finlandais... ou d'autres parties du monde !!!!

De plus, depuis quelques temps, les noms des doubleurs ont fait leur apparition à la toute fin des génériques de fin des DVD, plus souvent en "bordel" (c'est à dire que leurs noms apparaissent, mais sans les noms des personnages qu'ils ont doublé, ce qui fait qu'il est difficile de déterminer qui a doublé qui) que dans l'ordre. Mais ça commence à se généraliser, ce qui veut dire que les mentalités commencent à changer, et que chacun commence à prendre conscience de l'importance du doublage.
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